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dimanche 20 juillet 2008

Paris vu par Nina

Nina, Morsang-sur-Orge

Je vis dans une petite ville dans l’Essonne, calme et verdoyante aux maisons en meulière. On s’y ennuie un peu, mais c’est paisible et agréable. Il y a plusieurs années, j’ai également vécu dans le Val de Marne, au milieu de hauts immeubles. Je connais donc le visage de deux banlieues. Cependant, bien que je n’ai jamais vécu à Paris même, je me sens parisienne ; je me présente comme telle lorsque je voyage. 
Ce que j’aime, c’est la diversité. Paris est une ville hétéroclite. Elle surprend, elle fascine. On ne s’y ennuie pas. Le contraste est fort, brutal. On est dans le RER, le regard vagabonde. Le paysage change, l’atmosphère aussi. La banlieue que je quitte pour Paris me semble ensommeillée, un peu endormie et lorsque je débarque dans la capitale, c’est un bouleversement, de la foule, du bruit, de l’agitation. C’est sûrement la gare (Saint-Michel) dans laquelle j’arrive qui veut ça, elle est ma première approche forcément. Cette différence remarquable se constate également entre arrondissement ; à chaque quartier son ambiance, certains sont calmes et bucoliques, d’autres animés et cosmopolites.
J’aime décider au dernier moment mon itinéraire, ou simplement suivre les rues et arriver, au hasard d’un chemin quelque part dans un endroit improbable, curieux, original, artistique et poétique, oublié parfois. J’aime me perdre, car on tombe toujours sur quelque chose (souvent d’anecdotique).
Le Paris que j’affectionne : le quartier latin, Montmartre et tout ce qui me reste à découvrir. J’aimerai connaître chaque rue de cette ville, chaque détail. Paris est une découverte ; j’en ai fait l’expérience avec ce stage. Je vois Paris de deux façons. Le Paris touristique, bruyant, mondain peut être, avec ses Champs-Élysées, sa tour Eiffel, ses grands monuments et ses célèbres avenues et puis, le Paris coquet, avec ses petites rues pavées, ses dessins au mur et parfois au sol, son originalité, parfois ludique : le Paris anecdotique. On y peut trouver également des personnages (pas des gens) des personnages ! avec un style, une attitude, un regard, une présence. 

Je n’avais pas d’idées précises de comment aller se dérouler les choses avant de me lancer dans l’aventure. Je me contenterai juste d’y être, de vivre chaque instant, d’observer. Je n’appréhendais pas trop concernant le quartier (le Marais, le quartier gay, le quartier juif, et l’Île Saint-Louis). Le centre de Paris me parle. Je me demandais un peu comment approcher les gens, les photographier. Prendre un moment sans avoir l’impression de leur voler. Oser. Et effectivement, ce fut pour moi le plus difficile. Approcher les gens, sortir l’objectif, le pointer sur eux. Quelques personnes réticentes qui se cachent derrière leur main, d’autres qui me regardent avec avidité, certaines qui se prennent au jeu , très peu. Les scènes de café rue des Archives ont été difficiles. Trop de regards porté sur moi, et non sur l’objectif. C’est un double jeu. Eux aussi sont là pour être vu, pour se montrer. J’ai quand même eu tendance à les approcher timidement. Arpenter les rues un appareil photo à la main c’est avoir l’occasion de capturer un moment, raconter une histoire. Ca stimule l’imagination. Comme l’attitude de l’homme rue des Rosiers, dans l’attente ou le couple se promenant en bord de Seine sur l’île Saint-Louis ou le couple homosexuel rue Vieille du Temple, où vont-ils, d’où viennent-ils ?
 J’ai fait des rencontres anonymes, je n’ai parlé à personne, j’ai observé. Les regards, les sourires ont suffit. On capture un souvenir, une histoire…

Nina Vone

Ma galerie photo


mercredi 2 juillet 2008

Paris vu par Astrid

Astrid, Epinay sur Seine

J’habite Epinay sur Seine depuis ma naissance. J’ai grandi dans une résidence au centre de la ville où je vis toujours. Je suis étudiante de Lettres Modernes à l'université Paris 13, à Villetaneuse depuis quelques années. En dehors des cours, je vais parfois à Villetaneuse dans le jardin de mon père au « jardin des ouvrières».
Ma ville me plaît autant qu’elle m’énerve. Je la trouve relativement jolie, boisée et fleurie mais le fait que les choses n’y changent jamais et que les gens y restent, pour la plupart, statiques, m’ennuie. Je vais à Paris au moins deux fois par semaine pendant les cours et un peu plus pendant les vacances. Je connais surtout le quartier des Halles et le XIIIème arrondissement. Je fréquente beaucoup le MK2 Beaubourg et le MK2 Bibliothèque. Depuis quelques temps, je fréquente régulièrement le XIXème où je raccompagne une amie. Le XIXème est un quartier qui me plaît bien, il y a le parc des buttes Chaumont et c’est assez cosmopolite. J’aime aussi me perdre dans les rues du XIIIème, également parce que c’est cosmopolite. Pour moi, les différences entre Paris et sa banlieue sont énormes. Quel que soit le quartier de Paris, la ville semble vivante, voire un peu brouillonne. Epinay me semble souvent endormie et les nombreuses personnes actives ne suffisent pas à la réveiller. Je ne me sens pourtant absolument pas parisienne. Je me présente toujours comme étant de la région parisienne et en particulier de la banlieue. Elle m’inspire des sentiments contraires mais j’en suis fière. La plus grande qualité de Paris est pour moi la diversité. Son plus grand défaut, l’agressivité. Paris m’évoque plein de petites villes dans une ville-unité. Je pense aussi au traitement cliché qu’en fait le cinéma étranger et ça me fait sourire.
Mon voyage dans le quartier de Blanche et de Pigalle a été une révélation. Je n’avais jamais pris le temps de m’y arrêter réellement. Je me suis posée au bord de la bouche d’aération qui fait face au Moulin Rouge et j’ai attendu. J’ai observé les gens, les touristes qui prenaient des photos et les amoureux qui s’embrassaient devant le Moulin Rouge. La scène aurait pu être un cliché si elle n’avait pas été aussi vivante. 

Un peu plus tard, en marchant vers la place de Clichy, j’ai rencontré deux drôles de personnages : « Esprit Noir » et « Soldat ». Je leur ai expliqué la nature du projet et nous avons longuement parlé de leur vision de la banlieue et de ma vision de Paris. Je leur ai dit que je trouvais Paris sale, ils m’ont répondu que la banlieue était « hardcore ». Ca nous a fait rire et on en a finalement conclu que tout se valait pourvu qu’on y soit bien. J’ai hâte de voir ce que les parisiens vont réellement découvrir de la banlieue…

Pour voir ma galerie photo, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://picasaweb.google.fr/backstreetprod/ParisVuParAstrid

Astrid Courcelle