Il avait sorti un peigne juste avant pour se recoiffer, très fier. Il m’a dit que la ville avait changé sans m’en dire plus que ça. Peut-être qu’il voulait dire : maintenant, il y a ces cités qui sortent de la terre comme des fleurs. C’est l’impression que j’ai eu en les photographiant. Des cités fleurs qui venaient juste d’arriver là. Il paraît que Villetaneuse, c’est autant l’université que la ville, presque moitié-moitié comme occupants. Je n’ai pas encore été du côté de l’université Paris 13, je voulais aller à la rencontre des habitants et je suis content d’en avoir trouvé quelques-uns et d’avoir eu des échanges avec eux. La photo, c’était simple, parce que j’avais juste envie d’aller vers eux et j’espère que cela se sent.-Tu m'as pas pris, j'espère?
Le jeune homme descend de son vélo avec une curiosité nerveuse.
- Comment ça?
En sortant, je croise Yacouba sur son vélo qui me dit de le suivre jusque dans "la cité secrète". Il me guide auprès des siens, des jeunes femmes et des jeunes hommes. Certains s'échangent des regards, d'autres des sms... Je m'approche du parking-salon où les amis de Yacouba discutent. Je suis présenté par mon guide. Curiosité dans les yeux. Je m'installe confortablement et je raconte le projet. Une ambiance amicale s'installe. C'est l'été! Bon, prêt à photographier, je leur promets, sûr de ma blague, de ne pas masquer leurs visages. Ils rient : j'ai oublié d'enlever le cache de l’objectif. Ambiance cinéma, je deviens directeur-photo, ils deviennent acteurs scorcesiens. La magie est de retour. Clap de fin. Non. En bonus, les jeunes femmes tarantiniennes qui m’ont accueilli tout à l’heure avec des noms d’oiseaux, posent aussi pour la postérité.Dédicace à toutes ces personnes qui ont rendu la magie possible.
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