mardi 13 juillet 2010

La photographie vous intéresse ?//Appel à candidatures

Backstreet productions propose des Stages d’initiation à la photo de Juillet à Septembre 2010.

Venez participer à un projet artistique qui donnera lieu à une exposition itinérante à partir de l’automne 2010.

Stages gratuits

Contactez-nous :
- Par téléphone : 06 13 02 51 42
- Par courriel : backstreetprod@gmail.com

Consultez dès maintenant nos blogs :
- http://www.portesdeparis.blogspot.com

vendredi 16 octobre 2009

DIVERSES CITÉS à CONFLUENCES du 16 octobre au 15 novembre 2009


La Galerie Photo de Confluences présente
DIVERSES CITES
La Banlieue rencontre Paris, Paris rencontre la Banlieue

DU VENDREDI 16 OCTOBRE AU DIMANCHE 15 NOVEMBRE 2009

VERNISSAGE le 16 Octobre à 19h

Confluences

190 boulevard de Charonne
75020 Paris
Métro Alexandre Dumas ou Philippe Auguste

Galérie ouverte tous les jours et les soirs de représentations

mercredi 13 mai 2009

DU 13 MAI AU 13 JUIN 2009 à AUBERVILLIERS

Aller voir l' exposition DIVERSES CITÉS

au
THEATRE DE LA COMMUNE, CDN d'Aubervilliers entrée libre
horaires d'ouverture : 1h30 avant

et 1/2h après les représentations

renseignements sur la suite des expositions
au 01 48 33 16 16

expo


Sabrina, Canal Saint-Denis à Aubervilliers // Sabrina a arpenté les quais du canal Saint-Denis, de Paris à Aubervilliers, pendant huit jours. Elle en a saisi des images magnétiques et lumineuses du lever au couchant. De ce pont de la rue du Landy où elle s'est arrêtée pour regarder ses dernières photographies, on peut voir derrière elle, l'ensemble de ce paysage surprenant. Au loin, on distingue les tours de la place des Fêtes.



Wilfried, Gare du Nord // Compte tenu de la manière sûre et originale avec laquelle il a su composer ses cadres durant sa promenade entre la gare de l'Est et la gare du Nord, je sais que Wilfried n'a pas attendu de participer à cette expérience photographique pour apprendre à regarder. Il le dit d'ailleurs dans son journal, il aime depuis longtemps contempler la ville. J'ai eu plaisir à capter son regard attentif, avec le mélange de calme et d'intensité qui s'en dégage.

DIVERSES CITÉS
Diverses Cités, regards croisés entre le 93 et Paris, Photographies

du 13 mai du 13 juin au Théâtre de la Commune

Quelle vision a un parisien de la banlieue ? Quelle vision a un habitant de la banlieue de la capitale ? Comment ne pas tomber dans le cliché d'un côté comme de l'autre ? Qu'est-ce qui peut séduire là et qu'on oublie de montrer ? Qu'est-ce qui dérange ici et qu'on ne donne pas à voir ? Où s'arrête Paris et où commence la banlieue ?

À l'heure des grands débats sur l'avenir de l'agglomération parisienne, de jeunes franciliens, dix de Seine-Saint-Denis et dix autres de Paris, partagent la vision de ce qui les entoure au quotidien. Ainsi, ils font bouger leur regard et le nôtre sur ces territoires.



projet photographique collectif initié par Julia Cordonnier réalisatrice et photographe et Aurélie Cardin directrice du festival Cinébanlieue

>> www.theatredelacommune.com





samedi 14 mars 2009

jeudi 12 mars 2009

Martine, Porte de Bagnolet


A cet endroit, Martine a fait une grande partie de ses photos à l'aube ; cela lui donne une beauté magique qu'il n'a pas en plein jour : lumières multicolores des néons et des réverbères, miroirs mystérieux des façades, ciel à vous fendre l'âme. Nous nous sommes retrouvées à sept heures du matin à l'entrée de Bagnolet. Quand elle m'a dit qu'il ferait plein jour à huit heures, nous sommes redescendues très vite vers le métro Gallieni pour retrouver un peu de cette magie.
Julia Cordonnier

Pour voir l'album de Martine cliquez sur le lien ci-dessous : 
http://diversescites.blogspot.com/2008/11/banolet-vue-par-martine.html

jeudi 6 novembre 2008

Bagnolet vue par Martine

Martine, Paris 11ème

La banlieue nord pour moi ce sont les théâtres : Saint Denis, Bobigny, Pantin, Bagnolet, Montreuil. Mon préféré : La Commune à Aubervilliers : le bus vous attend à la sortie du métro, ça évoque les sorties de collégiens, les voyages.
Je ne vais jamais en banlieue la journée alors pour essayer d’avoir une vision différente, une vision tout court, je me lève tôt lors de mes ballades.

« Echangeur de Bagnolet »: je m’attendais à trouver un fourmillement de gens, une multitude de croisements, le brouhaha de moteurs, les klaxons… Tout est calme et je ne vois presque personne.
Je remonte vers le centre. Rue des Camélias : deux tours cylindriques se détachent dans le ciel, une maison blanche ressort de la nuit et un grand père se balade sur sa façade, mon premier Bagnoletais ! Je prends mon temps, je voudrais voir sur cette photo l’émotion que j’ai eue à la seconde où je suis arrivée. A la fin de cette première séance je vais saluer le patient grand père qui, après m’avoir fait la bise, tente de m’embrasser sur la bouche, décidemment tout le monde recherche l’émotion matinale !

Le jour se lève vite, je croise une jeune femme pimpante qui ne risque rien sous son lampadaire : caressée par la nuit elle attend le jour…

Je reviens vers le métro Gallieni.
Cet endroit est incroyable, tout en hauteurs, courbes et perspectives. Je regarde le jour se lever à Bagnolet. Bien que cette image soit définitivement urbaine elle reflète la douceur et le calme de cet endroit à cette heure matinale.
Lorsque je reviens le lendemain matin je décide de m’attaquer aux Mercuriales.
La mission que Julia m’avait donnée était simple : Tenter d’y monter le plus haut possible pour avoir une vue panoramique de Paris et sa Banlieue Nord, mais après avoir tourné pendant une heure, je n’ai jamais accédé à l’entrée.

J’apprends que la ville de Bagnolet comprend 6 quartiers. Il me faudrait beaucoup plus de temps pour les différencier mais déjà à deux rues d’écarts j’ai l’impression d’avoir parcouru des kilomètres.
Plus tard je découvre un troisième quartier, plus résidentiel, plus coquet !

De retour vers le centre, près de la mairie, je prends quelques photos d’un coin de rue taguée, un Bagnoletais curieux et inquiet m’interpelle, il croit que je travaille pour la mairie et pense qu’on veut « rafraichir » cette façade, une fois rassuré il m’escorte dans le quartier pour me montrer ses tags préférés.

Retour vers le métro et plongée dans la gare routière, souterraine, presque invisible. C’est une sorte de no man’s land. Les gens qui sont là ne semblent pas réellement attendre. A l’heure où les bus et les métros sont pleins, ce lieu est calme, hors du temps, de la ville. La cafeteria est une suite de machines, pas de comptoir, quelques tables rondes et hautes, le carrelage blanc, je ressors vite à l’air libre.

L’ancien et le moderne se côtoient en permanence dans cette ville. Je regarde un bâtiment ancien et il jaillit du toit le haut d’un immeuble de verre scintillant au soleil, je me balade dans un parc et deux tours cylindriques surgissent d’un marronnier. Je regarde la médiathèque, de face, je vois un immeuble froid et moderne et lorsque je la contourne j’ai une heureuse surprise.
Je ne quitterai pas cette ville sans évoquer la fierté de la rentrée : Les Frères Guenot, Steeve et Christophe médaillés à Pékin cet été! Une affiche immense flotte sur la façade de la mairie et on les retrouve sur quelques vitrines du centre ville.

Je ne me sens pas vraiment dépaysée. Je vis dans l’Est Parisien et les contrastes sont tout aussi forts. Bagnolet semble assez protégé, privilégié, beaucoup de gens continuent d’ailleurs à l’appeler « Le Village Bagnolet ».
Cette dernière photo illustre assez bien la sensation qu’il m’en reste: une banlieue à taille humaine !
Pour découvrir ma galerie-photo, cliquez sur le lien ci-dessous:
http://picasaweb.google.com/backstreetprod/BagnoletVueParMartine

Martine Coste

mardi 4 novembre 2008

Montreuil vue par Nambona

Nambona, Paris 19ème

J’habite Rue Petit dans le XIXème arrondissement, après avoir vécu Quai de la Marne. Depuis six ans que je suis à Paris, j’ai vu mon quartier changer de paysage et de population, devenir plus propre et beaucoup plus bourgeois.
Habiter près des Buttes-Chaumont et du canal de l’Ourcq, c’est déjà une bouffée d’air dans Paris, mais cela ne me suffit pas : il faut que je m’échappe en banlieue de temps à autre pour me balader.
Je connaissais peu Montreuil, j’y allais toujours pour des choses bien précises : faire des courses, voir des amis, surtout lorsque j’habitais à Saint-Mandé. J’ai aussi voulu y vivre à un moment donné mais comme je ne connaissais pas cette ville, j’ai renoncé assez vite. L'exercice photographique n'a pas été simple pour quelqu'un qui n'a pas pris l'habitude de se servir de son appareil, même en vacances. Mais après quelques jours, je l'avais naturellement en main et je ne pensais plus qu'à ce qui m'entourait. 

Ma ballade a donc commencé le 16 septembre à Croix de Chavaux, dans la petite rue Gallieni, ensoleillée et aérée. C’est ce que j’aime en banlieue, l’espace, l’air et la verdure. Un cirque faisait sa promo dans la rue... Le cirque me fait tout de suite penser au 93, à Saint-Denis avec l’Académie Fratellini... L’épicentre de ma promenade photo devait être la Rue de Paris, commerçante, vivante et populaire. Je n’ai pu m’empêcher de m’en éloigner car je voulais voir un autre Montreuil, celui qui ressemble moins à d’autres rues du nord-est parisien (la Rue du Faubourg du Temple, le Boulevard de la Chapelle vers Barbès)… je ne peux pas m’empêcher de comparer à Paris !
J’ai continué de la Croix de Chavaux vers la Rue Bobillot avec La boîte d’accordéon et la Rue Girard et ses immeubles de 2 ou 3 étages. Pendant la semaine, j’ai fait des allers-retours Rue de Paris et autour pour capturer cette ambiance montreuilloise, changeante d’une rue à l’autre. 

Ce que j’aime à Montreuil, c’est ce lien que l’on garde entre le passé et l’avenir : des friches industrielles situées en plein centre au Nouveau Théâtre de Montreuil, du conservatoire aux puces de la Porte de Montreuil, des murs à pêches à la brasserie Boudouche. Avant, pour moi, Montreuil, c’était un autre arrondissement parisien. Au travers de quelques rencontres, j’ai découvert cet aspect francilien de Montreuil : ce n’est pas un prolongement de Paris, c’est une ville à part entière où on travaille, on vit, on s’amuse, on fait du sport, on se cultive. Maintenant, je sais que j'irai plus souvent à Montreuil !

Pour voir ma galerie photo cliquer :
Album Nambona


Nambona Yanguere

mardi 28 octobre 2008

Pantin vue par Florence

Florence, Paris 1er

Je connais très bien la banlieue nord de Paris car j'ai vécu toute mon enfance à Tremblay-en-France. J’ai été scolarisée au lycée de Villepinte et j'ai également vécu pendant deux ans dans la caserne du fort de la Briche de Saint Denis ! Je me sens pourtant parisienne dans l'âme. Je suis vraiment amoureuse de Paris, je m’y sens chez moi et j'ai beau arpenter ses rues de long en large, je la découvre toujours. Et puis Paris, c’est l’Art, l’Histoire, la Fête, c’est vraiment une aventure sans fin.

A l’idée d’aller découvrir Pantin que je ne connaissais pas, plusieurs sentiments se bousculaient en moi, entre appréhension et curiosité. C'était comme un départ en voyage dans un pays inconnu dont on n’a pas choisi soi-même la destination...

Je suis donc arrivée en RER à la gare de Pantin et je suis descendue vers le canal, guidée par les fumées qui s'échappaient de la blanchisserie Elis, rue du Général Compans. Là, je suis tombée sur les blanchisseuses qui prenaient leur pause, assises sur le bord du trottoir. Je leur ai demandé si je pouvais les prendre en photo. Elles étaient contentes bien qu’un peu surprises de ma demande et voulaient d’abord se recoiffer...

Arrivée au bord du canal, j’ai découvert les moulins de Pantin qui sont en pleine réhabilitation, avec une kyrielle d’ouvriers en casques, de grues, de camions, tout un monde ouvrier que j’ai adoré photographier…

Après j’ai continué à marcher le long du canal jusqu’à la mairie. Et puis j’ai quitté le bord du canal pour m’enfoncer un peu dans la ville jusqu’à son marché et sa vieille église…
Ce « voyage » à Pantin m'a permis de rencontrer un viking dans son bar, des ouvriers souriants sous leurs casques, des blanchisseuses coquettes… Je suis allée avec plaisir à la rencontre des uns et des autres et je suis heureuse d’avoir pu mettre en images ce Pantin d’aujourd’hui : une partie de la ville est en plein chantier et je suis sûre que dans quelques mois, son visage aura encore changé.
J'ai vécu une très belle expérience, une leçon de vie en quelque sorte. Avec l'appareil photo, j'avais une bonne excuse pour aller vers les gens, échanger quelques mots ou un sourire. On découvre aussi la ville d'un autre oeil, je dirais même qu'on la regarde enfin.

Pour découvrir ma galerie-photo, cliquez sur le lien ci-dessous:
http://picasaweb.google.com/backstreetprod/PantinVueParFlorence

Florence Vahl



samedi 25 octobre 2008

Rue du faubourg Saint-Denis vue par Adeline


Adeline, Eaubonne

J'habite à Eaubonne dans le Val d'Oise, dans un quartier assez monotone que l'on pourrait appeler "résidence dortoir". En effet, on sent que les gens vivent ici pour se reposer loin de l'agitation parisienne. Le paysage y est assez gris, quelques tours dont la Tour C où j'habite. De ma chambre, j’ai une vue imprenable sur le centre commercial d’Eaubonne... Mais je vois aussi Paris et le fameux girophare de la Tour Eiffel quand il commence à faire nuit. La seule chose qui me relie à cette ville est ma famille, et quelques amis qui habitent aux alentours. En quelque sorte, on pourrait dire que je n'ai pas choisi cette ville, c'est elle qui m'a choisie. D'ailleurs pour l'anecdote, mes parents ont décidé de vivre dans cette ville sur un coup de tête : les yeux fermés, ils ont pointé du doigt au hasard sur la carte d'Ile de France. C’est comme ça qu’ils se sont retrouvés à Eaubonne…
Essayant d'échapper au sort d'Eaubonne, je vais régulièrement sur Paris, dans le 18 ème : Montmartre, Barbès, Château Rouge. J'aime bien flâner dans les rues de cet arrondissement très métissé. Je suis aussi souvent entre Châtelet et Beaubourg pour faire les boutiques de bijoux, de fripes et me rendre à la Bibliothèque publique d’information (BPI) pour y travailler mes cours. J’aime aussi aller à St Michel pour ses cinémas d'art et d'essai, sa fontaine au mille et un rendez-vous et ses fameux grecs. Dès que les beaux jours arrivent, on se retrouve souvent avec des amis au Parc de La Villette. Le quartier vers le métro Quai de la Râpée est aussi un endroit qui me plaît beaucoup. Sur les quais, l'ambiance y est conviviale : les éternels joueurs de pétanques redonnent un p'tit côté estival à Paris. Métro Quai de la Râpée, c’est un prolongement des vacances...
Bon ! Je pense que tout le monde aura compris que la grande différence entre Eaubonne et Paris, se résume en un mot : La vie. Paris est aussi pour moi le haut lieu de la culture, de l'éclectisme, et des rencontres toujours inattendues.
Pour ma "mission" photographique, je devais me rendre rue du faubourg Saint Denis... Je suis donc arrivée à la station Strasbourg St Denis et à la sortie du métro, l'aventure a commencé... Le premier jour, je ne voulais pas vraiment faire de photos, je voulais plutôt essayer de faire partie de ce monde à cent à l'heure et aux mille odeurs.
En allant au Passage Brady, je suis entrée dans un magasin d'alimentation et de vêtements indiens où j'ai rencontré Thomas Baas avec qui j'ai discuté et bu un verre en parlant du quartier. Sur la photo que j’ai faite de lui dans l’épicerie, croyant peut-être gâcher mon cadre, il se pousse, gêné. Je garde cette photo comme un petit hommage à ma première rencontre avec un habitant du 10 ème.
J'aime beaucoup ce quartier pour son mouvement incessant et son côté populaire. Mais je dois quand même avouer une chose : je me suis fait arrêter dans mes élans photographiques plus d’une fois. C'était comme un 400 mètres haies : avec plusieurs haies qui tombent, les jambes ont parfois du mal à reprendre du terrain. Ce refus des gens à se laisser prendre en photo a parfois remis en cause pour moi la possibilité de faire de la photographie humaniste au 21ème siècle ! Etait-il encore possible (sans prétention) de continuer dans la lignée de Doisneau, Ronis ou Boubat ?
Heureusement de belles rencontres m'ont été offertes... Léonard du bar PMU " A la ville d'Esbly", les deux potes indiens en dessous de l'arche et le personnel du "Petit Quinquin", avec un patron kabyle en or qui a gardé le nom chti du café et qui cuisine de délicieux couscous!

Avant de participer à « Diverses cités », je croyais que la photo était simple et facile. Là, j'ai découvert un art de la patience, de l'esthétique et de la "chance".
Regarder la ville à travers un viseur, la rue, les gens, les couleurs, tout nous parle et ça fait du bien. On voit la ville différemment, on prend le temps de la découvrir, de la savourer, on n'est plus un simple passant qui court vite vers la prochaine station de métro. Ce projet est comme un espoir du quotidien et un remède contre la routine : peut être que les habitants du 10ème, de Pantin, de Drancy et d'autres quartiers du bitume se rendront compte que les rues où ils passent chaque jour et les gens qu’ils y croisent, méritent plus d'attention. La vie, la ville, les rencontres et les sourires sont à attraper à chaque coin de rue!
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Adeline Sureau

mardi 14 octobre 2008

Bobigny vue par Ludovic

Ludovic, Paris 20ème

Je vis à Paris, dans un quartier très populaire, Ménilmontant. Je ne suis pas né à Paris, n'y suis arrivé qu'à 25 ans, après avoir « longtemps » rêvé de devenir parisien. Enfin, je me trouvais au centre du monde, dans la plus belle ville du monde. Et très vite, j'ai développé cette qualité très provinciale qu'est le snobisme parisien. Jamais je ne me rendais dans certains quartiers, réputés trop ceci ou trop cela, et jamais, non surtout jamais, je ne passais le périphérique, frontière définie de la banlieue, de ceux qui étaient mis an ban et qui ne « méritaient » pas ma qualité, le privilège d'être parisien. 

Puis le temps a passé, la précarité est arrivée, aux gens de mon quartier je me suis de plus en plus identifié. Je reste depuis indécrottablement de et à Ménilmontant. Je reconnais volontiers que je suis devenu un peu casanier. Bien sûr, je vais régulièrement « dans Paris », mais c'est davantage par obligation, pour mes activités, parce que sortir du quartier, c'est aller ailleurs, dans une autre ville plutôt que dans la ville. Les différences que l'on peut ressentir ailleurs, n'enrichissent pas toujours. C'est ce qui me surprend le plus, je crois, le sentiment de ne pas habiter la même ville, en traversant Montorgueil, Saint-Germain ou même François Mitterand. Se promener au Trocadéro, traverser la place Victor Hugo, quitter la Maison de la Radio, visiter le Quai Branly, puis retrouver Ménilmontant, il faut se convaincre que nous partageons la même cité.
Je me rends compte aujourd’hui que j'ai un réel sentiment d'appartenance à mon quartier, bien que je préférerais parfois que ce soit lui qui m'appartienne un peu plus. « Tu es d'où ? - De Ménil' ! - Ah.... ». Et tout est dit. En Province, je dis plutôt que je suis de Paris, la précision de Ménilmontant peut venir après, si cela intéresse celui qui veut savoir. Quant à l'étranger, je dis simplement que je suis de Paris, et cela fait rêver.
Mais de l’autre côté du périphérique, je ne voulais toujours rien savoir…

Puis Julia Cordonnier est arrivée. Moi, je venais parader avec mon appareil semi-pro, plusieurs cailloux, et Julia a désigné un f4.5-5.6/28-105 mm, en me disant « J'aimerais que tu utilises cette optique-là. - Mais c'est la plus pourrie !?! - Peut-être, mais c'est celle qui offre la plus grande amplitude ! » Décidément, cette fille avait décidé d'élargir mon horizon.

Par exemple à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le mythique « 9-3 ». C’est là que Julia me proposait d’aller jouer le reporter, après avoir considéré ce satané périph’ comme une simple voie d’accès. Avant de commencer, se mêlaient en moi appréhension et curiosité. De l’autre côté de la couronne, un monde quasi inconnu, jusque-là essentiellement relayé par quelques poncifs et la télé-irréalité. Ma première question, qui se voulait drôle, mais marquait une certaine idée de la banlieue, fut de savoir si en plus des appareils, on nous avait prévu des gardes du corps. Habituellement, pour moi, la banlieue, c’est la traverser sans la regarder, sans s’y arrêter. Bobigny, Aubervilliers ou Saint-Denis, j’y vais sans me soucier, et en repars dès que j’ai terminé. L’œilleton d’un boîtier-photo implique d’avoir un œil et d’observer, de chercher, d’être aux aguets des gens et des évènements. Parvenir à captiver un intérêt, discerner l’attrait et la beauté de Bobigny trop souvent mal qualifiée par la grisaille et la morosité.

Très vite, je me suis senti égaré, perdu dans une banlieue que je ressentais désertée au milieu de ce mois de juillet. Puis après quelques heures, quelques jours, j’ai commencé à repérer, identifier. Finalement, je me suis surpris à repartir avec une impression de luminosité et d’espace. Bobigny m’avait insufflé une sensation d’air, face à un Paris resserré, peut-être plus enfermé, cerné par ce maudit périphérique. Je flânais aux abords du canal, où j’imaginais difficilement me trouver à quelques centaines de mètres des portes de Paris. Le temps d’une station entre Picasso et Raymond Queneau, le métro devenait un vrai train de campagne, entre verdure et canal.
J’ai aimé me promener parmi les tombes qui tanguent du cimetière musulman, saisir quelques rires d’enfants en vacances dans le tramway, découvrir ce quartier hétéroclite de la Folie, ou encore celui du « Pont de Pierre », près des voies ferrées en service ou désaffectées où je me suis amusé à m’aventurer. Je crois que c’est l’endroit que j’ai préféré photographier. N’oublions pas l’hôpital Avicenne ou le site de l’Illustration (investi depuis par l’Université Paris 13), emblématiques de la ville de Bobigny. 
Également, les pittoresques « petits pavillons de banlieue » et les jardins ouvriers.

A force de me balader, d’errer, d’observer, de photographier, j’ai commencé à comprendre que c’est ainsi que naissent les légendes urbaines, avec la crainte de ce que l’on ne connaît pas et les préjugés qui sclérosent la curiosité. Et finalement, la banlieue, je crois maintenant que je ne sais plus tout à fait ce que c’est. Certes on n’est plus vraiment à Paris, ni déjà en province, mais on est bien quelque part dans un espace identifiable, mais peu identifié, et où il est possible, en dépit des idées reçues, d’éprouver du plaisir, du désir et surtout la volonté d’y revenir.

Au contact de ces quelques images, mais également de celles des autres participants de Diverses cités, des barrières se sont abattues, des champs de vision et de création se sont ouverts, des rencontres se sont faites. J’ai ressenti une éprouvante mais exaltante sensation de déstabilisation, doublée de la plaisante découverte de travailler au sein d’un collectif. Une expérience inédite, incroyable et inoubliable, durant laquelle j’ai un peu plus appris à partager, à lâcher prise et à laisser la lumière pénétrer.

Pour voir ma galerie-photo, cliquez sous le lien ci-dessous:

Ludovic Weyland